On a vécu quelque chose de très fort, très rapidement. J'ai mis tant d'espoirs dans cette relation, j'y ai cru, à 200%. Je me sentais bien comme jamais je n'avais été avec quelqu'un. On avait tellement de points communs, ça paraissait irréel. On était toujours ou presque sur la même longueur d'ondes. On partageait les mêmes délires, les mêmes envies, les mêmes goûts, la même vision du couple dans la confiance et le respect de l'autre, les mêmes rêves parfois... tout venait si naturellement, pas d'efforts à faire ; ça semblait déjà écrit, juste une histoire à vivre..J'étais prête à donner tant pour ce Nous que nous avions commencé de construire. On se disait que ce n'était pas prêt de finir notre histoire. Je n'imaginais pas que ça pourrait se passer autrement.
Pourtant, petit à petit, sans que j'ai vraiment pu m'en rendre compte à cause de nos horaires décalées, tu t'es éloignée, sans comprendre pourquoi. Tu te sentais perdue et a eu besoin de partir au loin faire le vide et trouver des réponses. Au loin, dans ce coin de paradis ou tu as eu comme une illumination. Au fur et à mesure de tes messages et rapides compte-rendu de ton séjour, j'ai vite su que cela compromettait largement notre couple. Je faisais la naïve et me forçais à trouver des explications. Je me rassurais comme je pouvais, malgré cette certitude qui me rongeait. Je ne voulais pas y croire ; je ne le pouvais pas. J'ai donc gentiment attendu ton retour, malgré de nombreux questionnements et fréquents coups de blues.
Le verdict n'a pas tardé à tomber. Envie d'être seule, de vivre ta vie, sans attache. C'est ce que tu m'as dit. Je suis donc de trop dans ta vie...
Je sais ne pas me tromper en disant qu'il n'y a rien de personnel par rapport à moi, que tu n'as rien à me reprocher, à part peut être de m'être, tout comme toi, donnée trop a fond dans cette histoire, à peine sortie de ta relation.
C'est dur... Je te sais heureuse maintenant dans ta « nouvelle vie » de déconnexion et de liberté. Et moi je suis là, effondrée ou presque. En proie à une souffrance qui me prends aux tripes. Une boule dans la gorge, un n½ud au ventre ; les larmes coulent sans que je puisse les retenir.
Je suis si perdue. Tu comptais tellement pour moi, tu m'apportais tant, que maintenant je me retrouve face à un vide, celui que tu as laissé en moi.
Pourtant, je ne t'en veux pas ; je ne le peux pas. Je me mets à ta place et je crois que j'arrive à comprendre ce que tu ressens, ce besoin d'une vie libre. Je crois que c'est aussi ce à quoi j'aspire dans le fond, bien que pas de façon si catégorique... Cependant, je te vois là, dans ta bulle, heureuse comme jamais. Quelque part, et c'est normal, je suis contente pour toi, mais c'est d'autant plus douloureux de te savoir heureuse sans moi, de te voir sur ton nuage de bonheur et moi perdue dans mon chagrin et ma solitude.
Je suis certaine que tu sais que c'est dur pour moi, que tu compatis à ma peine et que ce n'est pas du tout ce que tu souhaitais, mais bon, « c'est comme ça... ».
Je relèverai la tête, ça oui. Ça sera peut être long, je ne peux pas le dire. Pour le moment, penser à toi, et encore pire, te voir, me fait ressurgir tant de sentiments différents, tant de souvenirs, et cela me fait mal. Cependant, je ne veux pas couper les ponts avec toi, je pense que j'aurai besoin de toi à mes côtés malgré tout. Tu es quelqu'un de tellement entière, avec tant de qualités, de force... Et je ne pourrai pas non plus oublier ce qu'on a vécu, même si ce fut bien trop bref à mon goût. Toutes ces choses sont encrées en moi et je ne veux pas les chasser. Je sais que ce sera dur de conserver cela tout en passant à autre chose vis-à-vis de toi. Mais je ferai tout pour y arriver...

